Antiaméricanisme : ras-le-bol !

"Si Bill Clinton était le premier président noir, alors George Bush est le premier président juif". La phrase est extraite d'un article écrit cet été par Ciro Scotti, un éditorialiste du magazine Business Week. Le Monde aussi s'est fendu d'un article sur le sionisme chrétien de la Bible Belt, ces croyants évangéliques (Southern Baptists) qui attendent et conditionnent le retour de Jésus sur Terre (Sidna Aïssa pour les intimes) lorsque les juifs seront rassemblés dans le grand Israël.
Et ça ne s'arrange pas lorsqu'on apprend, selon un article de la revue Science du 27 février, que pas moins de 34 Etats américains ont introduit dans les livres scolaires un chapitre intitulé: «Analyse critique de l'évolution»... George W. Bush lui-même déclare : «Je n'ai pas de problèmes à expliquer qu'il existe différentes théories sur la création du monde. Et, après tout, la religion existe depuis beaucoup plus longtemps que le darwinisme.» Bref, l'Amérique profonde a bon dos et la discussion serait devenue impossible. A mon sens, c'est méconnaître l'histoire de ce pays que de s'entêter dans un antiaméricanisme qui me semble mêler la médiocrité aux complications.
Ce que l'on sait moins, c'est que les Etats-Unis fêtent en 2004 le "350ème anniversaire de l'arrivée des premiers juifs sur le sol américain. Il y avait 23 âmes, petites et grandes. Ces mots ont été retrouvés sur un document hollandais datant du 7 septembre 1654, qui décrit l'arrivée des premiers immigrants juifs dans un endroit devenu aujourd'hui New York. Ils fuyaient les persécutions au Brésil et avaient été capturés par des pirates. Un navire français, le Sainte-Catherine, les avait sauvés et débarqués sur l'île de Manhattan." (lu dans Le Monde). Voilà pourquoi géopolitiquement, Israël est finalement assimilable au 51ème membre de l'Union : il est essentiel que l'Etat hébreu puisse un jour vivre en paix aux côtés de ses voisins de la même manière que Berlin-Ouest a fatalement fini par se fondre dans une Allemagne apaisée. Souvenez-vous que Hassan II avait lancé l'idée d'une adhésion d'Israël à la Ligue Arabe...
On me répondra, avec à propos, que Bush attaquant l'Iraq de Saddam après le Onze Septembre, c'est un peu comme si Roosevelt avait envahit l'URSS de Staline après Pearl Harbor. Je concède que Rumsfeld a parfois des accents de McNamara des temps modernes (cf. DVD documentaire sur la guerre du Viêt-Nam : The Fog of War). Il est aussi probable qu'en regardant Fox News on puisse mourir de solitude intellectuelle ;-) Mais plus sérieusement, l'Histoire fait son chemin de façon plus subtile et vivace. Il existe des externalité positives cachées, des sortes de gisements de Bien en jachère. Pour illustrer, un cas d'école comme l'existence de Marwane Barghouti : un type quatre fois condamné à vie, avec une silhouette de syndicaliste bedonnant, qui a appris l'hébreu en prison et semble posséder le capital politique pour signer la paix dans un futur plus ou moins proche selon les analystes. Le président israélien, Moshe Katsav, a évoqué récemment la possibilité de le gracier...
A mon sens, les néo conservateurs ont raison sur un point central : le terrorisme provient du statu quo. Destituer Saddam, c'est flinguer le consensus autoritaire qui régit la philosophie politique dominante du Proche Orient (le raïs irakien a été élu en mars 2003 à 100% des suffrages exprimés et des résultats variant entre 80 et 99% des inscrits ont été enregistrés en Egypte, en Syrie, en Tunisie et en Algérie, par exemple). Ces mêmes néo conservateurs ont été surpris de découvrir que l'Iraq n'est pas la Pologne... Comptons donc sur un inévitable effet d'apprentissage. Quant à la pilule à avaler (le second mandat Bush), Steven Schier professeur de sciences po au Carleton College explique qu'auprès des "nouveaux arrivants des banlieues, mariés, plutôt prospères et religieux, George Bush a réussi à transformer la guerre en Irak en test de personnalité». Morale de l'histoire : Il ne faut jamais sous-estimer la bonne foi des américains si l'on veut voir juste.
Soyons clairs : les USA sont aux premières loges de l'Histoire, 90% des brevets en biotechnologie sont américains et j'ai commencé ce post par l'Actor's Studio... Ce pays est un laboratoire de la chose moderne, et la Californie - dont la constitution proclame le droit au bonheur - est sont département R&D. Pour autant, ne soyez pas surpris d'apprendre que Pascal Lamy, commissaire européen au commerce, déclare que "dans vingt ans, la Chine appliquera un capitalisme de marché acharné à côté duquel les Etats-Unis passeront pour une sociale démocratie molle". Les USA ont vraiment d'autres chats à fouetter.
1 commentaires:
Bonjour Aid Moubarak et Bonne Année 2007
Mon cher Marocain
Tu confonds antiamericanisme, et anti gouvernement Bush et ses Neocons
Le probleme reside dans
1 la vision Manichéenne qu'ils se font du monde
2 De leur soutien inconditionnel à Israel en depit de toutes les resolutions de l'ONU
3 leur unilateralisme interventioniste et hegemonique
4 leur hypocrisie politique concernant des valeur comme la Justice, la Liberté, l'Occupation, la Resistance à l'Occupation, leur concept du "deux poids deux mesures"
5 Guantanamo et Abou gharib
6 la torture
7 la restriction des libertés fondamentales
8 l'hegemonisme mediatique
9 l'AIPAC et la ADL
10 le feu vert pour Israel de detruire le Liban
11 les bombardement aveugles des civiles Irakiens et Afgans
12 la guerre par procuration par les firmes Militaires Privées, genre Blackater et autres
13 l'engagement de mercenaires dans les rang de l'armée
la liste est encore longue mon ami
neanmoins l'AMERIQUE EST TOUJOURS CONSIDEREE COMME LE PAYS DE TOUTES LES OPORTUNITES, qui ne reve pas d'aller en Amérique, l'Eldorado
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