Misérables à la peau mate, ploutocrates à la peau claire
Catégorie(s) :
géopolitique,
lectures,
maroc,
économie
Le suffrage universel est-il compatible avec l'économie de marché? A cette question posée par Amy Chua dans "World on fire", l'ancien Premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew répond : "Je ne suis pas intellectuellement convaincu que la formule 'one man one vote' soit la meilleure"... Au XIXe siècle, l'économiste David Ricardo souhaitait déjà que le droit de vote ne soit accordé qu'à "cette partie du peuple qui ne saurait avoir intérêt à renverser les droits de propriété". La thèse d'Amy Chua, professeur de droit à Yale, tient en une formule : suffrage universel x libéralisation économique x haine ethnique = conflagration. Lorsqu'une nation - où coexistent une minorité ethnique économiquement dominante et des masses indigènes appauvries - entreprend simultanément de se démocratiser et de libéraliser son économie, l'avantage de la minorité enrichie est renforcé (capitalisme de prédation), tandis que le pouvoir de la majorité pauvre s'accroît (populisme charismatique). Hugo Chavez, Robert Mugabe, Vladimir Poutine, Evo Morales, Thabo Mbeki, Rafael Correa, Slobodan Milosevic et les leaders du Hutu Power ont tous étés élus au suffrage universel sur la base plus ou moins avouée d'un programme d'expropriations ethniquement ciblées. Victimes d'oblitération économique et culturelle depuis des décennies, les majorités dominées sombrent dans une haine parfois extatique de la ploutocratie locale. Le génocide rwandais ou les atrocités de la guerre en Yougoslavie en témoignent (cf. "Death Camp Horrors"de Roy Gutman). L'ethnicité est toujours un phénomène subjectif et artificiel (cf. "Race & Histoire" de Levi-Strauss), mais lorsqu'un conflit ethnique se superpose à un conflit de classe, le suffrage universel peut s'avérer toxique. Aux Etats-Unis, les critères financiers pour l'obtention d'une carte d'électeur n'ont été supprimés qu'en 1860. Ainsi à la fin de la guerre de sécession, les noirs affranchis représentaient 70% de la population des états du Sud. Les blancs, craignant que leur région ne devienne "un Congo américain", entreprirent alors de limiter sévèrement les droits politiques des anciens esclaves... Des processus de déstabilisation analogues ont eu lieu dans l'Algérie française et en Israël après 1967.
À l’exception de l'Argentine, du Chili et de l'Uruguay (où il n'y a presque plus d'Amérindiens), la société sud-américaine est fondamentalement pygmentocratique : on dit qu'au Venezuela, "il y a plus de conseils d'administrations que d'administrateurs", essentiellement des blancs descendant des colons espagnols. En Arabie Saoudite, les quelques milliers de membres de la famille royale forment une sorte d'ethnie dans l'ethnie qui contrôle plus des deux tiers de l'économie. En Russie, six des sept oligarques (Abramovitch, Aven, Berezovski, Friedman, Gusinski et Khodorkovski) qui ont trusté le processus de privatisation des années 90 étaient juifs (cf. "Sale of the Century" de Christina Freeland). Même les ministres et conseillers qui l'ont mis en oeuvre étaient d'origine juive (Kiriyenko, Gaïdar et Tchoubaïs). Il a fallu toute "l'habileté" de Vladimir Poutine pour restaurer l'emprise du Kremlin sur l'économie russe sans passer pour antisémite. Il déclarait tout de même en 2000 : "Ces gens qui font fusionner le pouvoir et capital, ces oligarques vont disparaître en tant que classe". En Afrique, les Tutsis du Burundi (14%) possèdent 70% de l'économie ; au Zimbabwe les blancs (0,6%) sont propriétaires de 70% des terres ; en Afrique du Sud (11%) ils possèdent 70% des terres ; la minorité indienne (2%) dispose d'un pouvoir économique disproportionné au Kenya et en Ouganda, tout comme les Libanais du Liberia et de Sierra Leone. En Asie, les sino-malais (33% de la population) contrôlent 70% de l'économie ; les chinois des Philippines (1%) possèdent 60% du PIB ; en Indonésie ils sont 3% à piloter 70% du capital privé. Sur les 70 groupes industriels les plus puissants de Thaïlande, seulement trois ne sont pas contrôlés par des sino-thaïlandais (10%).
Souvent, seul le capitalisme de copinage (accord entre un autocrate indigène et une minorité économiquement dominante) permet de contenir l'explosion jusqu'à un certain point. C'est ce que fut la "dictature conjugale" de Ferdinand et Imelda Marcos aux Philippines jusqu'en 1986, largement inspirée par le régime sinophile de Suharto en Indonésie. En 1998, les violences qui firent 2000 morts à Jakarta furent précédées par l'apparition de tags désignant les commerces chinois. La famille Suharto quitta le pouvoir avec un patrimoine de 16 milliards de dollars selon Forbes, et la panique parmi les chinois causa une hémorragie de capitaux estimée à plus de 40 milliards par la Banque Mondiale. Le régime Birman actuel est lui tributaire de ses alliances avec les sino-birmans qui contrôlent les industries du tourisme, du teck, du jade et du rubis. Au Mexique, la privatisation de TelMex a rendu treize familles milliardaires, essentiellement dans l'entourage de l'ancien président Carlos Salinas (en exil) et d'un certain Carlos Slim (mexicain d'origine libanaise, aujourd'hui l'homme le plus riche de la planète). Un autre Libanais, Jamil Mahuad, a été président de l'Equateur. Formé à Harvard, il fut renversé en 2000 par un soulèvement amérindien, pour avoir voulu remplacer la monnaie nationale par le dollar américain.
Le Maghreb présente des caractéristiques moins extrêmes : la minorité économiquement dominante y est clairement linguistique (francophone) plutôt qu'ethnique. Un député islamiste marocain a dit un jour que les élèves scolarisés dans les lycées de la Mission française étaient des "non Marocains". Rappelons que le 20 septembre dernier, Aymen Al Zawahiri appelait les peuples maghrébins à se "débarrasser des fils de Français et d'Espagnols", comme un écho (pas si lointain) des assassinats d'intellectuels francophones Algériens de la décennie 90. La guerre civile algérienne est un cas typique de simultanéité tragique entre ouvertures politique et économique. Pourquoi le cas marocain est-il différent? D'abord parce que la transition démocratique y est graduelle et en retard sur le processus de libéralisation économique (un décalage bien moins marqué qu'en Tunisie ou en Egypte). Ensuite parce qu'à la différence d'une couleur de peau ou d'un faciès, une langue s'apprend. Après l'indépendance, le nombre de marocains locuteurs en langues étrangères (français et espagnol) a été multiplié par dix. D'après les statistiques avancées par Todd et Courbage, 70% des alphabétisés en 2004 étaient bilingues : "Il n'y a pas un fond anthropologique ou ethnique différent chez les 'Arabes' et les 'Berbères' au Maroc, mais un mouvement d'arabisation et de francisation linguistique, cheminant en parallèle au fil de l'urbanisation et de la scolarisation". De fait, il existe au Maroc non pas un mais des capitalismes (fassi, soussi, aroubi), qui résultent d'avantage de tropismes régionaux (à l'espagnole) que d'un conflit ethnique larvé (à l'africaine).Avant tout, le défi pour les pays du tiers-monde consiste à amener la majorité pauvre à un niveau où elle pourra entrer en concurrence avec la minorité hypercapitalisée. Dans "The Anger of the damned", Orhan Pamuk (Nobel 2006) écrit : "A aucun moment le fossé entre riches et pauvres ne s'est autant creusé (...) A aucun moment la vie des riches n'a été ainsi imposée à l'attention des pauvres par le biais de la télévision (...) Bien pire, à aucun moment les sociétés riches et puissantes n'ont été aussi clairement justes et "raisonnables". Aujourd’hui, le citoyen ordinaire d'un pays musulman pauvre et non démocratique, le fonctionnaire d'un pays du tiers-monde ou d'une ex-république socialiste qui a du mal à joindre les deux bouts, sait qu'il ne possède qu'une part dérisoire de la richesse planétaire ; il sait qu'il vit dans des conditions bien plus dures et bien plus désolantes que les "occidentaux", et qu'il est condamné à mourir beaucoup plus jeune. En même temps, cependant, il sent dans un coin de son esprit que sa pauvreté est largement l'effet de sa propre bêtise, de sa propre inadaptation, ou de celles de son père et de son grand-père. Le monde occidental n'a pas conscience du terrible sentiment d'humiliation que ressent la majorité de la population mondiale".
7 commentaires:
Très bonne analyse, sous la loupe de la loi de Pareto.
Alors, inadéquation des élites (les 20%) dans un océan populiste (les 80%)... oui!
Malheureusement (heureusement?), la démocratie telle qu'on la défini est synonyme de loi du nombre.
C'est d'ailleurs cette même loi du nombre qui très démocratiquement (décidément!), donnera un jour raison aux palestiniens (la victoire par la démographie).
Mais je m'égare.
Ta conclusion pré-Pamuk est très juste. Le sous-texte que j'y lis est que le vrai rôle des élites est de niveler la majorité-peuple par le haut, pour uniformiser le niveau intellectuel.
Une chose m'interpelle tt de même : doit-on vraiment opposer une culture "livresque" de l'élite au bon sens populaire (n'y voir aucun cliché).
Couscous poulette, j'adore ce pseudo ;-)
La bonne nouvelle, c'est le bon sens populaire, pas la culture livresque des élites... je crois. Les diamantaires libanais du Sierra Leone ont probablement lu Amin Maalouf et Khalil Gibran, mais ça ne les a pas empêchés d'être de redoutables prédateurs économiques (même tarif pour les oligarques russes et Tchekhov ou Dostoïevski). Par contre, permettre la libéralisation des ondes radio, qui a redonné la parole aux marocains, au "bon sens populaire", ça c'est une mesure efficace dans le sens de la "conclusion pré-Pamuk". Il suffit d'écouter les émissions d'antenne libre de Hit Radio et de la RTM pour le réaliser... Ensuite il y a le chantier de l'Education Nationale, dont Todd et Courbage prévoient qu'il ne sera plus sous pression démographique à partir de 2011, lorsque le nombre d'élèves à scolariser va commencer à décroître chaque année. Puis il faut penser à intégrer l'économie informelle dans le jeu légal, l'économiste péruvien Hernando De Soto propose la distribution de droits de propriété opposables pour les pauvres. Enfin, il faut agir sur l'accès au crédit : favoriser l'actionnariat populaire et la bourse, désintermédier les financement parce que les banques servent souvent d'instrument de domination/conservation aux élites. Le bouquin d'Amy Chua vaut le détour!
"I don't pretend to be a man of the people. But I do try to be a man for the people", senator Gracchus in Gladiator (2000)
J'inverserai les termes: l'économie de marché est-elle compatible avec le suffrage universel...
Milosevic ne me semble pas avoir grand chose à faire dans cette liste par ailleurs - ni les Bosniaques ni les Kosovars ne "contrôlaient" l'économie ex-yougoslave comme le faisaient - le font - les blancs zimbabwéens ou sud-africains. Par ailleurs on ne peut pas dire que "Victimes d'oblitération économique et culturelle depuis des décennies, les majorités dominées sombrent dans une haine parfois extatique de la ploutocratie locale. Le génocide rwandais ou les atrocités de la guerre en Yougoslavie en témoignent". Pour le Rwanda, c'est faux: le régime en place depuis l'indépendance était celui d'un hutu power plus ou moins radical, jusqu'en 1994 - le raisonnement serait par contre plus vrai dans le cas du Burundi, où l'armée dominée par les tutsis détient le pouvoir depuis des décennies. De même, pour l'ex-Yougoslavie, on ne peut raisonnablement affirmer que les Serbes constituaient une majorité dominée - ils dominaient au contraire les institutions dominantes - parti, armée, police.
Si le suffrage universel peut s'avérer toxique, on peut le montrer avec le cas d'Israël, où la tenue d'élections libres couplée à une idéologie nationaliste dominante rend la recherche d'une solution négociée et acceptable par les Palestiniens très difficile - je viens de lire une étude (je donnerai les coordonnées plus tard) israëlienne indiquant que les solutions d'accord de paix avec les Palestiniens étaient d'autant moins bien perçues et acceptées par l'opinion (juive) israëlienne qu'elles étaient acceptées par l'Autorité palestinienne, et inversement. Le cas étatsunien pourrait aussi être invoqué, où il semble qu'un candidat n'est pas éligible au plan national s'il n'est tenant d'un interventionnisme armé en politique étrangère, seul le degré et les modalités de cet interventionnisme militaire faisant débat.
Je te suis par contre sur le Maroc - très intéressant come point de vue, une perspective largement occultée me semble-t-il au bled en dépit de quelques unes de magazines (francophones) sur les francophones au Maroc. Sur la persistance du clivage linguistique, je noterais cependant que la distinction se fait non seulement sur la maîtrise de la langue, mais sur tous les critères de distinction sociaux qui s'appliquent en matière linguistique - accent, prononciation, vocabulaire spécifique, etvc... Même si une proportion grandissante des Marocains parle français, la distinction linguistique demeurera mais fonctionnera alors au degré de maîtrise du français...
Pour Pamuk, je crois que la phrase "En même temps, cependant, il sent dans un coin de son esprit que sa pauvreté est largement l'effet de sa propre bêtise, de sa propre inadaptation, ou de celles de son père et de son grand-père. Le monde occidental n'a pas conscience du terrible sentiment d'humiliation que ressent la majorité de la population mondiale" " est propre au prisme kémaliste d'intériorisation de la supériorité "occidentale" sur "l'Orient". Je ne suis pas sûr que l'humiliation soit ressentie comme liée à un sentiment d'inadaptation, amis plutôt à un sentiment d'injustice ou d'inégalité - pourquoi eux et pas nous, plutôt que la honte d'être ce qu'on est, comme le laisse entendre Pamuk.
PS: je te convie à un test - http://www.blog.ma/obiterdicta/index.php?action=article&id_article=15636 ...
Ibn Kafka : On parle bien de minorités ethniques économiquement (pas politiquement) dominantes. Les croato-slovènes ont toujours piloté l'économie yougoslave. Ils contrôlaient 80% du capital privé en 1930, et les derniers recensements en 1997 montrent que le revenu moyen d'un bosniaque ou d'un serbe ne représentait qu'un quart de celui d'un croate ou d'un slovène. Milosevic a été élu par les serbes en hurlant dans ses meetings : "S'il faut nous battre, alors mon dieu nous nous battrons, parce que si nous ne savons pas travailler ni faire des affaires, au moins nous savons nous battre!". Les serbes étaient majoritaires dans l'armée yougoslave et dans la bureaucratie, mais ils étaient bien dominés économiquement, malgré leur position de premier groupe ethnique (40%) du pays. Pareil pour le Rwanda : des hutus modérés ont dirigé le pays depuis 1962, et ce sont bien des hutus ordinaires qui ont massacré 800 000 tutsis en 1993. Les tutsis (14%) ont toujours dominé l'économie, au moins depuis 1860 lorsque l'un d'entre eux est monté sur le trône ; le Rwanda était un royaume féodal qui consacrait les tutsis (éleveurs) comme des seigneurs et les hutus (cultivateurs) comme leurs vassaux. Ni les belges, ni les signataires du Manifeste Hutu de 1957 n'y ont rien changé par la suite, jusqu'à la déflagration de 1993. Sur le clivage linguistique marocain, c'est vrai qu'on parle d'un "bilinguisme sauvage", parfois mal maîtrisé, mais le fort accent des mexicains aux usa et l'anglais-baragouin incompréhensible des indo-pakistanais ne les empêche pas de participer à la compétition planétaire. Je crois aux chances d'Abderezak El Merhaoui dans la mondialisation! lol Je suis assez d'accord sur le "prisme" kémaliste de Pamuk, mais ça ne retire rien à la pertinence de ce qu'il dit sur le sentiment d'inadaptation. Les japonais ont eu honte avec Meiji, les turcs avec Ataturk, les français avec De Gaulle, bref comme disait Confucius, le sage a honte de ses défauts mais n'a pas honte de s'en corriger :-)
PS: j'attend l'adresse de l'étude sur Israël
Je commence par la fin: je n'ai pas d'adresse Internet pour l'étude sur Israël & la Palestine que j'ai citée, mais son auteur - Ifat Maoz - et son titre "The Effect of News Coverage Concerning the Opponents' Reaction to a Concession on Its Evaluation in the Israeli-Palestinian Conflict", paru dans "The Harvard International Journal of Press/Politics 2006; 11; 70". Si tu ne le trouves pas, dis-le moi, je te l'enverrai par mail. Voilà sinon les conclusions de l'étude: "In line with the research hypotheses, the findings demonstrated the operation of a reactive reevaluation effect, whereby Israeli-Jewish respondents evaluated a compromise proposal more positively when it was framed in the news press report as rejected by the Palestinians than when the same compromise was framed as having been accepted by the Palestinians. This bias was also found to affect dovish respondents, while hawkish respondents were not affected by the news coverage concerning the opponents’ response to a concession".
Pour en revenir à ton post, je ne suis toujours pas convaincu pour la Yougoslavie: dans un régime socialiste/communiste (pas que là en fait mais surtout là), domination politique implique la domination économique. Effectivement, la Slovénie et la Croatie étaient les régions les moins pauvres de l'ex-Yougoslavie (et la Serbie n'était pas la plus pauvre, mais bien le Kosovo, la Macédoine et la Bosnie, dans cet ordre), mais cela n'implique pas que le pouvoir économique était détenu par les Croates et les Slovènes - le propriétaire d'une usine n'a pas forcément la même ethnie que ses ouvriers, et n'a pas forcément des usines dans sa région d'origine. D'ailleurs, le nationalisme serbe n'est pas un nationalisme économique dans ses motivations, mais plutôt historico-religieux, et il ne s'est pas déchaîné contre les Slovènes mais surtout contre les Kosovars et les Bosniaques (sans oublier les Croates, mais sans que les aspects économiques aient joué un rôle, me semble-t-il).
Pour le Rwanda, il me semble que la construction ethnique date de la colonisation allemande puis belge, et qu'elle ait en fait constitué en ethnies des groupes socio-économiques. Quant au fond, je ne suis pas du tout certain que les tutsis aient détenu, comme tu l'affirmes, le pouvoir économique, j'aimerais en lire un peu plus pour en avoir le coeur net.
Sur le clivage linguistique au Maroc, je souhaitais simplement exprimer que la distinction sociale attachée aux différents niveaux de maîtrise linguistique est certes très perceptible aujourd'hui, mais qu'elle se maintiendra même si toute la population devait atteindre un niveau minimal de maîtrise du français - la distinction se fera de manière plus subtile, mais avec des effets tout aussi brutaux. Il suffit de songer à l'effet extrêmement fort de distinction sociale résultant des accents et des niveaux de langue française dans un pays composé quasi-exclusivement de locuteurs maternels du français - la France: un "jeune de banlieue", comme on désigne les maghrébins, même s'il ne parle d'autre langue que le français, sera l'objet d'un fort ostracisme socio-économique s'il ne parvient pas à se démarquer de son accent et vocabulaire d'origine. La même chose est vraie dans d'autres pays, notamment au Royaume-Uni avec la distinction très forte entre RP English et les accents régionaux. Il n'y aucune raison pour que le Maroc fasse exception à cette règle, qui s'applique d'ailleurs aussi en arabe avec une hiérarchie sociale des accents...
Pour ce qui est des chances d'Abderrazak el Merhaoui dans la mondialisation, il en aura s'il se met à l'anglais, laissant la désorganisation sociale (in French dans le texte) à Mme Tazi...
mec reviens un peu au maroc
tohxjj
Enregistrer un commentaire