
Message reçu hier d'un ami trader à la City : "
J'ai réussi à provoquer une hyperinflation et trois stagflations massives ayant débouché sur des troubles civils... lol". Rassurez-vous, il s'agit d'une simulation "pédagogique" (
sur le site de la Fed de San Francisco) qui vous glisse dans la peau du président de la banque centrale des Etats-Unis. La politique monétaire américaine est devenue monétariste avec la nomination à sa tête de
Paul Volcker en octobre 1979. En doublant d'un coup d'un seul les taux d'intérêts réels à près de 19%, il envoie alors le signal d'une désinflation durable. En pratique, l'approche quantitativiste consiste surtout à fixer un objectif de croissance de l'offre monétaire et à s'y tenir en injectant/retirant de la monnaie sur les marchés de capitaux. Mais avec les innovations qui ont sophistiqué les produits financiers depuis, la frontière entre la monnaie et les autres actifs s'est brouillée. Succédant à Volcker en 1987, le génie d'
Alan Greenspan a consisté à tirer cette leçon en renonçant à
quantifier la monnaie, préférant une manipulation graduée des taux d'intérêts pour la piloter. En temps de crise, Greenspan a toujours pris soin de s'assurer de l'unanimité du
Federal Open Market Committee. Pas
Ben Bernanke. Il vient de baisser les taux de 1,25 points en huit jours, sans le soutien président de la Fed de Dallas qui indiquait hier qu'il considérait toutes ces baisses du loyer de l'argent malvenues. Bernanke souhaite éviter une récession en recapitalisant les banques dont les fonds propres sont plus exposés que jamais à la volatilité des collatéraux que sont les actifs boursiers et immobiliers. Seulement, de bulle en bulle, cette politique discrétionnaire a créé un effet d'accoutumance, aggravé par l'impact pro-cyclique de l'adoption des normes IFRS en comptabilité bancaire. Or tout comme en médecine la douleur est un signal, les défauts de paiements sont un aspect essentiel de la vie économique. Paul Volcker écrivait en 2005 : "
Je ne connais pas un seul pays qui puisse continuer à consommer et investir 6% de plus qu'il ne produit pour longtemps, les Etats-Unis absorbent près de 80% des flux net de capitaux internationaux". Sur le dernier quart de siècle, l'économie américaine n'aura vécu au total que 16 mois de récession...

"
Le capitalisme sans les faillites n'aurait aucune saveur, comme le catholicisme sans l'enfer", disait Patrick Arbor, président du C
hicago Board of Trade. La Fed ferait bien mieux d'oeuvrer au rétablissement du dollar et du taux d'épargne américain. Lorsqu'elle re-baissera ses taux probablement en mars, le dollar sera devenu la monnaie la moins rémunératrice du monde après le Yen. Une fois lassés de ce gâchis et des pertes de change sur leurs placements, comment réagiront les créanciers du billet vert? À la veille de la crise asiatique en 1997, plus de 80 % des réserves de devises de la planète étaient en dollar, une proportion tombée aujourd'hui à 64% (selon Morgan Stanley 50% en 2015). Déjà, les rumeurs d'abandon par les pays du golfe du lien fixe avec le dollar vont bon train. Riyad est en train de mettre en place
le plus grand fonds souverain de la planète doté de 900 milliards de dollars, soit un peu moins de 7% du Pib américain (à comparer au 1% du plan de relance Bush)! La Fed devrait laisser la tâche du
renflouement du secteur bancaire aux créanciers chinois, arabes ou russes qui détiennent plus de 2000 milliards de réserves.
On ne tend pas une carafe d'eau à un âne déjà tout trempé ;-)
5 commentaires:
La crise actuelle est appelee "crise de credit" mais en fait ca ete une crose de liquidite, en gros les banques ne voulaient se preter mutuellement de l'argent.. du coup le taux de pret "overnight" a explose.. ceci a amene la FED, la BCE et BOE a injecte des somems enormes dans le marche afin d'eviter le defaut de plsieurs grandes institutions qui ne pouvaient plus emprunter..a lors pourquoi baisser les taux par la suite.. a part la crise de liquidite est venu s'ajouter un semtiemnt grandissant de recession, demande d'emploi au plus haut depuis 2002, l'idee de la FED est d'etre d'un cote "one step ahead" car l'effet de baisse de taux n'affecte l'economie que sur le moyen terem, mais surtout de rassurer des marches qui connaissent une de leur periode les plus volatiles, surout les valeurs financieres... je ne vais pas etre trop long mais l'idee est d'eviter la recession a tout prix avec uen inflation a 5% et un taux a 3% totu le monde est oblige d'investir sinon l'epargne fait perdre de l'argent.
Bernanke va se retrouver dans une trappe de liquidité et les opérateurs vont emprunter en dollar pour investir ailleurs... Alors ok pour la crise de liquidité et le rétablissement du marché interbancaire, mais quand l'inflation se situe entre 4 et 5% et que le dollar est à son plus bas, une baisse de taux même temporaire (pour le moyen terme) est forcément malvenue, voire contre-productive. Si les banques ne se font pas confiance entre elles, pourquoi la Fed le devrait-elle? Le secteur bancaire US est myope face au risque et il serait temps que la Fed cesse de lui administrer de la morphine à chaque accès de fièvre.
Le "Federal Reserve Bank Act", soit le texte fondateur de la Fed, n'a jamais été voté à l'unanimité du Congrès US (seul 1 sénateur de Louisiane a voté pour, soit 1/50ème!) et malgré tout promulgué par le président des États-Unis en 1913. Un passage en force qui se paye cash de nos jours.
Une organisation sans fondement juridique - comme si un projet de loi non étudié (le projet) et donc non votée (la loi) au sénat français était appliquée par les juges - et qui prélève le cousin américain de l'IGR auprès du contribuable américain. D'ailleurs, des milliers d'agents de l'IRS (le fisc américain), ne paient plus cette Fed Reserve Tax, et depuis longtemps même!!!!
Tout ceci est donc 100% illégal.
Car derrière, nous savons tous que le board de la Fed est constitué de gouverneurs/associés de Goldman Sachs, Rotschild and Co.
Myopie généralisée dûe à un excès de morphine fédérale?
http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/13/les-banques-doivent-payer-pas-la-fed_1022449_3234.html
Le Monde du 21 juin 2008 :
www.lemonde.fr/economie/article/2008/06/21/un-aveu-d-impuissance-de-la-reserve-federale-americaine_1061225_3234.html?xtor=RSS-3210
Enregistrer un commentaire