24 sept. 2008

Si Milton savait...

"Point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer" écrivait Beaumarchais. La Securities Exchange Commission vient pourtant d'interdire 799 valeurs financières de short selling (vente à découvert). Les financiers, rejoints par Alan Greenspan, n'en reviennent toujours pas, surtout depuis que Ford, General Electric et General Motor ont rejoint la liste. Les uns prophétisent des "conséquences désastreuses" comme le patron d'Options Clearing Group, principale société de compensation sur les marchés dérivés. D'autres dénoncent la vacuité d'une telle mesure, puisqu'elle n'a pas empêché certaines valeurs bancaires de décrocher de 40% le lendemain. Par nature, les banques sont hémophiles : jusqu'ici, pour un dollar en propre, elles en prêtaient jusqu'à 20 et obtenaient les 19 manquants par endettement interbancaire. Du coup à la moindre blessure (subprimes) c'est tout le système financier qui fait une hémorragie. De ce point de vue, l'adoption des normes IFRS en comptabilité bancaire a joué le rôle du savon sur la planche. Mais s'il y a une leçon à tirer de ces semaines folles (le baril a bondit de 29 dollars en quatre jours), c'est bien qu'à l'avenir il faudra avoir moins de joueurs "too big to fail". Le problème c'est qu'on assiste exactement à l'inverse : on s'achemine vers plus de concentrations dans le secteur bancaire! Warren Buffet est entré au capital de Goldman Sachs, Merril Lynch a été absorbé par Bank of America, Lehman Bros partagé entre Barclays et Nomura, et HBOS englouti par Lloyds. Si on lui avait annoncé d'un coup l'interdiction temporaire du short selling suivie par un plan de bail-out à 700 milliards de dollars, Milton Friedman se serait très probablement étouffé sur place en avalant de travers.

6 commentaires:

C'est pas Othman a dit…

La norme ifrs pose en effet pb: On évalue au prix du marché!
Mais voilà: comment on fait quand il y en a plus? (de marché)
:D

La crise actuelle est souvent traitée à tort comme une crise comptable, alors que la nature même des instruments dérivés semble être le souci.

A quoi bon prendre des engagements sur de telles sommes si derrière il n'y aucune capacité réelle de transparence?

OEF a dit…

http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1843168,00.html

C'est pas Othman a dit…

Franchement: t'y crois vraiment toi à un capitalisme basé sur les entreprises qui créent de la vraie valeur ajoutée, le retour de la valeur travail et surtout la morale?

Est-ce la fin des pdts dérivés?

Qu'est ce qui se prépare?

OEF a dit…

Un changement tangible déjà : Goldman Sachs est devenu une banque de dépôt, ça veut dire qu'au lieu de n'avoir droit qu'à d'épisodiques visites d'inspection de la SEC, il auront plusieurs dizaines de contrôleurs de la Fed dans leurs locaux à plein temps (JP Morgan en a 70).

OEF a dit…

Armagedon en deux chiffres (29sep)
DowJones down 777,7 points
Spread entre Libor et T-bill de 3,5%

C'est pas Othman a dit…

vers la fin du dollar mon ami
les asiatiques ne vont plus investir aux EU
donc nouvelle devise

Je vous présente l'amero

http://fr.youtube.com/watch?v=6hiPrsc9g98