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Point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer" écrivait Beaumarchais. La
Securities Exchange Commission vient pourtant d'interdire 799 valeurs financières de
short selling (
vente à découvert). Les financiers, rejoints par Alan Greenspan, n'en reviennent toujours pas, surtout depuis que
Ford,
General Electric et
General Motor ont rejoint la liste. Les uns prophétisent des "
conséquences désastreuses" comme le patron d'
Options Clearing Group, principale société de compensation sur les marchés dérivés. D'autres dénoncent la vacuité d'une telle mesure, puisqu'elle n'a pas empêché certaines valeurs bancaires de décrocher de 40% le lendemain. Par nature, les banques sont
hémophiles : jusqu'ici, pour un dollar en propre, elles en prêtaient jusqu'à 20 et obtenaient les 19 manquants par endettement interbancaire. Du coup à la moindre blessure (subprimes) c'est tout le
système financier qui fait une hémorragie. De ce point de vue, l'adoption des normes IFRS en comptabilité bancaire a joué le rôle du savon sur la planche. Mais s'il y a une leçon à tirer de ces semaines folles (le baril a bondit de 29 dollars en quatre jours), c'est bien qu'à l'avenir il faudra avoir moins de joueurs "
too big to fail". Le problème c'est qu'on assiste exactement à l'inverse : on s'achemine vers plus de concentrations dans le secteur bancaire! Warren Buffet est entré au capital de
Goldman Sachs,
Merril Lynch a été absorbé par
Bank of America,
Lehman Bros partagé entre
Barclays et
Nomura, et
HBOS englouti par
Lloyds. Si on lui avait annoncé d'un coup l'interdiction temporaire du short selling suivie par un plan de bail-out à 700 milliards de dollars,
Milton Friedman se serait très probablement étouffé sur place en avalant de travers.